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  • : Blog du comité montreuillois de la FASE. La politique ne peut rester une affaire de spécialistes et doit devenir l'exercice plein pour chacun-e de sa citoyenneté. L'action des élu-e-s doit être dans un prolongement des mobilisations et un moyen de dialogue permanent avec celles-ci au sein des institutions. Convergence, rencontre, pratiques mises en commun, en regroupant la pluralité des cultures et parcours
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 15:12

Le 4 mars 2013.

Par le Groupe des élus socialistes et le Groupe des élus communistes et FASE du conseil municipal de Montreuil.


Depuis plus d’un mois, les salariés de notre cinéma municipal Le Méliès sont en grève, aux côtés du directeur artistique et des deux régisseuses, suspendus par la municipalité, ainsi que de leur collègue projectionniste en fin de contrat. Du jamais-vu dans notre ville de Montreuil. à l’origine, le conflit opposant depuis un an et demi la maire, Dominique Voynet, et sa majorité municipale à l’équipe du cinéma qu’elles ont décidé de démanteler.

Accusations de harcèlement, recrutement par voie de presse d’un nouveau directeur sans que personne au cinéma n’en ait été informé… rien n’est laissé au hasard par madame Voynet pour tenter de déstabiliser et de démembrer l’équipe du Méliès. Hélas ! La solidarité prévaut toujours à Montreuil, et le constat est rude : au bout d’un an et demi de salves régulières, l’équipe du Méliès est toujours unie, toujours debout. Il faut donc frapper un grand coup. Ce que fait la maire début décembre 2012, en diligentant une nouvelle enquête administrative – une première avait été mise en place en début d’année, incitant les agents du cinéma à déposer un préavis de grève. Ce faisant, elle prend de court les enquêteurs en évoquant dans un communiqué une « caisse noire », tandis que l’un de ses adjoints annonce sur son blog d’élu un « détournement de fonds publics au Méliès ». Dès lors, c’est l’hallali. Rumeurs, accusations jusqu’en séance du conseil municipal, piétinement de la présomption d’innocence – « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » –, le système Voynet est en place.

Le 8 février, nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition, apprenons que la directrice générale des services a, par voie de presse, communiqué des extraits du rapport de l’enquête administrative. Bien entendu, aucune, aucun d’entre nous n’est destinataire de ces extraits que nous nous procurons, en demandant parallèlement à la maire de nous faire parvenir l’intégralité du rapport – ce que, à ce jour, elle n’a toujours pas fait.

Quid de cette enquête dirigée par quatre personnes – la directrice générale des services, deux directeurs généraux adjoints et la directrice des ressources humaines – que l’on ne peut raisonnablement soupçonner d’être à décharge dans cette affaire ? La conclusion qui apparaît est la suivante : « Ces faits constituent de graves manquements aux règles de la comptabilité publique, aux règles applicables aux collectivités publiques et au code du cinéma. » L’ironie, c’est que pour l’année 2012, ce sont les deux directeurs généraux-enquêteurs qui ont été missionnés au Méliès pour s’occuper de son administration et de ses finances. Non seulement ces deux personnes sont juges et parties, mais elles sont, en outre, incriminantes et incriminées ! Et en s’incriminant elles-mêmes, elles incriminent de fait leur hiérarchie suprême, à savoir la maire ! Imaginez une victime autoproclamée portant plainte contre elle-même. Alfred Jarry l’a rêvé, Dominique Voynet l’a fait !

En effet, si dysfonctionnement il y a, la responsabilité première en incombe à la hiérarchie administrative et aux élus, qui sont censés mettre en place les dispositifs administratifs et financiers, ou contrôler ceux qui existent, les agents, en particulier ceux de catégorie C, comme les deux régisseuses mises en cause, devant obéir.

à plusieurs reprises, en particulier en séance du conseil municipal, madame Voynet a affirmé que les dysfonctionnements financiers au Méliès dataient de la municipalisation du cinéma en 2002 – il était alors associatif. Or, à cette époque, le directeur de l’action culturelle chargé de la mise en place des procédures budgétaires au Méliès n’était autre que… l’actuel adjoint à la culture et aux finances de madame Voynet ! Il faudrait que cette personne soit particulièrement incompétente pour n’avoir jamais été au courant des fonctionnements administratif et financier de notre cinéma. Et il faudrait que notre administration soit particulièrement défaillante (ce que nous refusons de croire) pour en être également ignorante.

Ainsi, à notre sens, les conclusions de l’enquête administrative désignent très clairement les premiers responsables : la hiérarchie administrative et les élus en charge de l’action municipale, d’autant que le budget et le compte administratif du Méliès sont présentés et votés chaque année en conseil municipal. La maire se rend-elle compte qu’en voulant faire tomber des têtes, c’est la sienne qu’elle menace ? Pas sûr. Car il semble, que malgré l’évidence, elle décline toute responsabilité personnelle vis-à-vis des faits qu’elle reproche aux agents du Méliès. Tel n’est pas notre cas.

Nous, élu(e)s des minorités et de l’opposition exigeons très solennellement d’être entendus dans le cadre de l’enquête et de prendre, en conscience, notre part de responsabilité en cas de dysfonctionnement avéré, et ce quelque minime soit-il.

En tant que conseillères et conseillers municipaux, nous disposons chaque année des documents budgétaires et administratifs relatifs au Méliès. Si un dysfonctionnement nous a échappé, contrairement à la maire et à sa majorité, nous ne dérogerons pas à nos responsabilités. C’est pourquoi en solidarité avec les agents du cinéma Le Méliès nous demandons à être entendus dans le cadre des enquêtes diligentées.

 

Lien vers la source de l'article : http://www.humanite.fr/tribunes/des-elus-complices-et-solidaires-des-salaries-du-c-516628

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