Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de fase-montreuil
  • Le blog de fase-montreuil
  • : Blog du comité montreuillois de la FASE. La politique ne peut rester une affaire de spécialistes et doit devenir l'exercice plein pour chacun-e de sa citoyenneté. L'action des élu-e-s doit être dans un prolongement des mobilisations et un moyen de dialogue permanent avec celles-ci au sein des institutions. Convergence, rencontre, pratiques mises en commun, en regroupant la pluralité des cultures et parcours
  • Contact

Recherche

24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:53

Et maintenant ?

par Pierre Zarka[i]

 

 

 

 

            La crise n’est ni un contexte ni ne résulte de mauvais choix. C'est un combat contre les peuples. Les fermetures d’entreprises, la baisse des revenus, le recours à la flexibilité, les prêts à des taux usuraires aux Etats, le culte de la réduction des dépenses publiques n’ont pas comme motivation unique de faire de l’argent sur le dos des peuples mais aussi de mettre ces derniers à genoux et d’asphyxier toute velléité de changement. La lutte de classes existe.


             Faut-il faire davantage pression sur le PS ? La France et l’Italie donnent l’exemple de deux PC initialement plus influents que la social-démocratie et on a vu les résultats. Invoquer La Gauche comme si elle était une entité au-dessus du mouvement populaire ne fait pas le poids. Le clivage gauche-droite peut contribuer à notre insu à masquer le clivage capital-peuples. Le recours à l'Etat comme arbitre s’est avéré vain ces 40 années passées.  Il flatte les comportements délégataires et l’impuissance qui en découle fait le lit de « tous les mêmes ». Peut-on se sentir forts si la lutte consiste à appeler l’Etat au secours ? Peut-on considérer que la réponse à ses propres besoins est le levier du développement de la société si l’on se considère comme sujet sous tutelle? On ne peut dissocier les acquis de la Libération d’une haute opinion de soi liée à la Résistance. Il n’y a de luttes efficaces que productrices de pouvoirs sur  l’économie et sur les prérogatives actuellement  aujourd’hui réservé à l’Etat. Les financiers l’ont bien compris.      


              Se hisser à ce niveau suppose que l’action devienne synonyme d’appropriation de la politique. Or s’il est courant de déplorer la délégation de pouvoir, il est moins courant d’en tirer la conclusion que les luttes doivent changer de nature. Elles ne peuvent plus être considérées comme strictement revendicatives, déléguant aux partis l’action politique. Les grands rassemblements du Front de Gauche ont porté l’envahissement de l’espace public comme expression d’une volonté d’appropriation de la politique. Révolution citoyenne, Prenez le pouvoir ont besoin d’être concrétisés par des arguments, des propositions de transformations structurelles et des actes qui dessinent un projet cohérent.


             Le refus de la structure de la société et de son fonctionnement ne peut rester un discours abstrait mais devient l’enjeu de la politique. Chaque lutte doit pouvoir s’en emparer. D’autant que les signes des contradictions dans lesquelles se trouve le capitalisme se multiplient. Stiglitz ex-directeur de la Banque mondiale alerte dans l’Humanité du 11 sur l’impasse du « système de marché ». Les Echos du même jour évoquent  à propos de la « rigueur » « la création d’une crise artificielle ». Même alerte à l’ONU. Ils dénoncent le déchaînement du système, et là est l’impasse : penser réguler une dynamique qui repose sur le déchaînement. Cependant, il serait paradoxal que ce soient seulement eux qui parlent de système.


                   Comment ne pas nous auto-interpeller devant l’écart entre les 53% qui jugent le capitalisme inamendable et le niveau des réactions devant chaque mauvais coup ? En politique le rapport de forces est d’abord un rapport de forces d’idées. Les combats victorieux dans l’Histoire ont été ceux qui se sont attaqués au système qui générait les problèmes affrontés et pas seulement à leurs conséquences. Peugeot, la famille Doux ne veulent plus de leur entreprise ? Prenons-les. Les distributeurs disent fournir l’essence quasiment au prix coutant ? Ils ne perdront donc quasiment rien si nous en devenons collectivement propriétaires. La manif du 30 n’aurait pas la même portée si elle exprimait la volonté de maitrise des flux financiers.


              Toucher du doigt une visée qui nous projette hors de l’horizon du capitalisme, change le rapport de forces, avant même de l’atteindre.

 



[i]               Association des Communistes Unitaires participant à la FASE; auteur de Oser la vraie rupture/Gauche année zéro ; Ed de l’Archipel.

Partager cet article

Repost 0

commentaires