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  • : Le blog de fase-montreuil
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  • : Blog du comité montreuillois de la FASE. La politique ne peut rester une affaire de spécialistes et doit devenir l'exercice plein pour chacun-e de sa citoyenneté. L'action des élu-e-s doit être dans un prolongement des mobilisations et un moyen de dialogue permanent avec celles-ci au sein des institutions. Convergence, rencontre, pratiques mises en commun, en regroupant la pluralité des cultures et parcours
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:18
Rassemblement du Front de gauche pour battre Sarkozy, vendredi 4 mai à 18h30 place Stalingrad à paris

 


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Nicolas Sarkozy a décidé de s’en prendre aux travailleurs et aux syndicats, notamment pour séduire l’électorat du Front national.

 

Qu’à cela ne tienne. Pour dégager Sarkozy, le Front de gauche s’engage et donne rendez vous le 4 mai, place Stalingrad à Paris.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:48
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la cie NAJE vous invite à "Pauvres administrés" 

 
Le samedi 2 juin 2012 soit à 15h soit à 20h (2 séances)
à la Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil
(métro Croix de Chavaux)
Réservation préalable obligatoire
Prix des places libre (de 0 à 20€ selon vos moyens)

Un spectacle de théâtre-forum sur la mise à mal des services publics (hôpital, école, services municipaux, services sociaux, psychiatrie, prison, police, poste, 115) créé avec 45 comédiens professionnels et amateurs sur la base de témoignages de  nombreux salariés de la fonction publique et d'usagers des services.
Il s'agissait pour nous de comprendre ce qui est à l'oeuvre dans nos services publics, quels sont les mécanismes de la  transformation infernale qui est en cours, à qui cela sert et comment, ce que cela est en train de produire sur nous tous.
Il s'agit maintenant de vous livrer ce que nous avons appris et compris et de chercher ensemble quels sont les modes d'action possibles, comment les mettre en oeuvre, que peuvent faire ensemble les usagers et les agents des services publics.
Ce sera donc un spectacle de théâtre-forum (un spectacle d'une heure suivi d'un forum d'une heure avec la salle). 
 
Modalités d'inscription :
D'abord nous contacter par mail  ou téléphone pour nous préréserver vos places.
Puis, pour confirmer vos réservations, nous envoyer un chèque de 5 euros que nous ne débiterons pas et que nous vous rendrons à votre arrivée au spectacle (seuls les chèques des personnes qui ont réservé des places et ne viennent pas  seront débités, sauf bien sur les chèques des personnes qui nous auront fait part de leur empêchement au plus tard le 30 mai). Un billet de 5 euros est possible pour ceux qui n'ont pas de chéquier et, pour ceux qui n'ont ni chéquier ni les moyens de geler 5 euros quelques temps, leur parole suffira.

Notre email : fabienne.brugel@orange.fr       Notre tél : 06 82 03 60 83
Notre adresse postale : NAJE 16 rue des Coquelicots 92160 ANTONY

Prix des places :
Une boite sera disposée à l'entrée pour que chacun participe selon ses moyens (cette année, notre action est très déficitaire).
 
Cette création a été soutenue financièrement par la Région Ile de france, par l'Acsé et par la fondation "Monde Solidaire".
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:28

Voici donc le « vrai travail » de 2012.

 

Nicolas Sarkozy entend le fêter le 1er mai, à sa manière : « Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail. »

L’objectif est le même qu’avec la France qui "se lève tôt" : trier le bon grain de l’ivraie, les bons Français de ceux qui se lèvent tard, ou qui sont payés sans travailler (les « assistés ») ou qui font semblant de travailler, le « faux » travail, donc, comme au temps

où il fallait être un « vrai Français » ...

 


 

 

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"Appel aux Travailleurs

OUVRIERS TECHNICIENS PATRONS FRANÇAIS


" Dans mon message du 10 octobre dernier, je vous ai dit que l’on ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la Nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont dressé ces classes les unes contre les autres. Ces causes, c’est la menace du chômage, c’est l’angoisse de la misère qu’elle fait peser sur vos foyers. C’est le travail sans joie de l’ouvrier sans métier. C’est le taudis dans la cité laide, où il passe les hivers sans lumière et sans feu. C’est la vie de nomade, sans terre, sans toit. Telle est la condition prolétarienne. Il n’y aura pas de paix sociale tant que durera cette injustice.

En ce qui concerne l’organisation professionnelle, un texte de loi, si parfait qu’il soit, est impuissant à accomplir une réforme de cette ampleur. La loi ne saurait créer l’ordre social ; elle ne peut que le sanctionner, dans une institution après que les hommes l’ont établi. Le rôle de l’Etat doit se borner ici à donner à l’action sociale son impulsion, à indiquer les principes et le sens de cette action, à stimuler et orienter les initiatives. En réalité, les causes de la lutte des classes ne pourront être supprimées que si le prolétaire qui vit aujourd’hui, accablé par son isolement, retrouve, dans une communauté de travail, les conditions d’une vie digne et libre, en même temps que des raisons de vivre et d’espérer.

Cette communauté, c’est l’entreprise. Sa transformation peut, seule, fournir la base de la profession organisée, qui est elle même une communauté de communautés. Cela exige qu’une élite d’hommes se donnent à cette mission. Ces hommes existent parmi les patrons, les ingénieurs, les ouvriers. C’est à eux d’abord que je fais appel, je leur demande:

1°- De se pénétrer de la doctrine du bien commun au dessus des intérêts particuliers, de s’instruire des méthodes d’organisation du travail capables de permettre à la fois un meilleur rendement et plus de justice, en donnant à chacun sa chance dans l’entreprise et dans la profession.

2°- De s’informer des réalisations sociales qui existent déjà et que des hommes clairvoyants et généreux ont su accomplir, en dépit des difficultés de tous ordres qui, dans le passé, entravaient leurs efforts.

Ainsi, peu à peu, et par l’action de tous, une œuvre définitive s’accomplira sous l’autorité et avec l’encouragement de l’Etat. Pour entreprendre cette œuvre fondamentale qui sera la vôtre, une large enquête sera faite, à laquelle prendront part tous ceux qui veulent se dévouer à la grande cause de la paix sociale dans la justice. Tous les travailleurs, qu’ils soient patrons, techniciens, ouvriers, sont aux prises chaque jour avec des difficultés nouvelles, conséquences de la situation présente de notre pays. .

Il est donc urgent qu’ils aient la possibilité de défendre leurs intérêts légitimes, d’exprimer leurs besoins et leurs aspirations. Il est indispensable de créer des organismes qui puissent résoudre vite les questions posées ou s’ils ne peuvent les résoudre eux-mêmes, donner à l’Etat des moyens de le faire, sans que ses décisions soient paralysées par une connaissance insuffisante des problèmes ou par une organisation administrative trop lente à se mouvoir.

Tel devra être l’objet d’une première loi sur l’organisation professionnelle. Cette loi créera des organismes simples qui ne seront pas des organisations de classe, mais des comités sociaux où, patrons, techniciens et ouvriers rechercheront ensemble les solutions des problèmes actuels dans une commune volonté de justice, dans le souci constant d’apaiser par l’entraide les misères et les angoisses de l’heure.

 

TRAVAILLEURS FRANÇAIS , JE VOUS DEMANDE D’ENTENDRE MON APPEL. SANS VOTRE ADHESION ENTHOUSIASTE A L’ŒUVRE DE RECONSTRUCTION SOCIALE, RIEN DE GRAND NE PEUT ETRE FAIT. SACHEZ VOUS Y DONNER AVEC UN DESINTERESSEMENT TOTAL.

OUVRIERS, mes amis, n’écoutez plus les démagogues. Ils vous ont fait trop de mal. Ils vous ont nourris d’illusion. Ils vous ont tout promis. Souvenez-vous de leur formule : " le pain, la paix, la liberté ". Vous avez eu la misère, la guerre et la défaite. Pendant des années, ils ont injurié et affaibli la patrie, exaspéré les haines, mais ils n’ont rien fait d’efficace pour améliorer la condition des travailleurs, parce que, vivant de leur révolte, ils avaient intérêt à encourager ses causes.

INGENIEURS, vous avez pensé trop souvent qu’il vous suffisait de remplir avec conscience votre fonction technique. Vous avez plus à faire, car vous n’êtes pas seulement des techniciens, vous êtes des chefs. Comprenez bien le sens et la grandeur du nom chef. Le chef, c’est celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer. Ce n’est pas celui qu’on impose, mais celui qui s’impose. N’oubliez pas que pour commander aux hommes, il faut savoir se donner.

PATRONS, parmi vous, beaucoup ont une part de responsabilité dans la lutte des classes. Votre égoïsme et votre incompréhension de la condition prolétarienne ont été trop souvent les meilleurs auxiliaires du communisme. Je ne vous demande pas de renoncer à tirer de vos entreprises le bénéfice légitime de vos activités, mais je vous demande d’être les premiers à comprendre vos devoirs d’hommes et de Français.

Ouvriers, techniciens, patrons, si nous sommes aujourd’hui confondus dans le malheur, c’est qu’hier vous avez été assez fous pour vous montrer le poing. Cherchez, au contraire, à vous mieux connaître. Vous vous en estimerez davantage, vous aurez confiance les uns dans les autres, vous résoudrez ensemble le grand problème du travail et de l’ordre social. Renoncez à la haine, car elle ne crée rien ; on ne construit que dans l’amour et dans la joie. En faisant de la France une société humaine, stable, pacifiée, vous serez les meilleurs artisans du redressement de la Patrie."

Source : " Le voyage du Maréchal Pétain en 1941 "  - Forez-info

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 10:23

Avec 11.10% en France, et 24.09% à Montreuil le résultat obtenu par le candidat commun du Front de Gauche Jean Luc Mélenchon, quand bien même nous l'aurions souhaité plus important encore, marque l'arrivée, dans le paysage politique national, d'une nouvelle force politique à gauche.

Une force qui, forte de prés de 4 millions d'électeurs et d'électrices, compte et comptera.
Plus que jamais, face au danger de la droite extrême et de l'extrême droite, il nous faut rester mobilisé.

Aujourd’hui, l’urgence est de voter massivement le 6 mai pour battre Nicolas Sarkozy et empêcher la droite et l’extrême droite, de poursuivre leur œuvre de destructions, en  utilisant le bulletin « François Hollande ».

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:11

Jean-Luc Mélenchon ne cesse dans ses discours d'inscrire les problématiques de mise au ban de certains quartiers dans un enjeu qu'il estime bien plus large : une politique du droit commun dans l'ensemble des quartiers de France.


 

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Le déplacement du candidat au cœur de la Grande-Borne (lire La Grande Borne accueille Mélenchon), cité populaire de la ville de Grigny, la conférence de presse à l'Usine sur la ville et le logement qui a suivie en sont la suite logique.


Pour Clémentine Autain, le socle commun se retrouve dans l'appel pour une mutation urbaine radicale. « Cet appel a été soutenu par 80 élus, praticiens de la construction et de la ville, par des enseignants-chercheurs et militants du droit au logement et à la ville, souligne-t-elle en préambule. Il nous est nécessaire de rappeler que notre organisation s'efforce de dépasser une conception fractionnée de la question urbaine au profit d'une conception globale ».


Plusieurs « idées forces » ont été lancées par la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon : « rompre avec la logique de concurrence entre territoires ; rompre avec une logique spéculative pour que le logement devienne accessible à tous. Cela implique une rupture avec les politiques d'austérité actuelles. Si l'égalité passe par l'enjeu des salaires, il passe aussi par l'accès à la ville ». La ville en tant que telle semble intéresser bien peu de candidats.

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 11:38

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Soirée électorale du Front de Gauche Montreuil

 

Dimanche 22 avril salle Franklin dès 18h00

 

 

Nombreux sont les militant(e)s et sympathisant(e)s qui nous ont fait part de leur souhait de pouvoir vivre ensemble la soirée électorale du 1er tour des élections Présidentielles, dans le même esprit unitaire que dimanche samedi dernier pour le retransmission du meeting de Jean-Luc MELENCHON à Marseille.

 

Afin de permettre au plus grand nombre de converger vers les différents temps forts qui marqueront cette soirée, nous avons donc réservé la salle Franklin située 60 rue franklin à Montreuil.

 

Les moyens techniques seront installés permettant de suivre l’annonce des résultats.

 

Pour cette initiative conviviale et militante, venez en famille, entre amis, dans la diversité de nos sensibilités qui font la force du mouvement populaire de cette campagne.

 

N’oubliez pas de ramener une bouteille et de quoi manger et de faire circuler cette invitation dans vos réseaux.

 

A noter également : la section locale du Parti Communiste Français convie celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre les militants communistes pour un pot de l’amitié aux alentours de 22h30, après l’annonce des résultats montreuillois qui seront proclamés en salle des fêtes de l’hôtel de ville.

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:08

 

Par Agnès Rousseaux (17 avril 2012)

La gauche militante serait-elle encore trop austère, le socialisme trop grisâtre et l’écologie trop culpabilisante ? Pour contrecarrer la « mauvaise jouissance » et l’assouvissement immédiat du désir consumériste que véhicule le capitalisme, le politologue Paul Ariès prône un « socialisme gourmand ». Ou comment articuler plaisirs et revendications dans le cadre d’expérimentations alternatives, premières étapes vers une rupture avec le système prédateur actuel.

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Basta ! : Pourquoi « faire sécession » du capitalisme ? Les analyses de la gauche sur le capitalisme aujourd’hui sont-elles pertinentes ?

Paul Ariès [1] : Il est de plus en plus difficile d’exister réellement dans cet univers voué à la marchandise et à l’accumulation sans fin. Nous peinons à donner un sens réel à nos existences et nous sommes devenus sourds aux appels à la vie. La gauche sous-estime la critique du capitalisme. Le capitalisme, c’est en effet trois choses. C’est un système d’exploitation du travail et de pillage de la nature. Cela, les gauches le critiquent assez bien. Le capitalisme, c’est aussi l’imposition de modes de vie particuliers et de produits qui lui sont spécifiques. Les gauches ont largement perdu la critique des styles de vie capitalistes. Le capitalisme, c’est enfin une réponse à nos angoisses existentielles, au sentiment de finitude, à la peur de mourir. La réponse capitaliste est le toujours plus, plus de richesses économiques et de pouvoir. Ne nous leurrons pas : le capitalisme nous donne à jouir. C’est certes une mauvaise jouissance, une jouissance d’emprise, une jouissance d’avoir. Nous ne pourrons cependant qu’être dans des combats défensifs tant que nous n’inventerons pas nos propres dissolvants d’angoisse existentiels. Je pense bien sûr à des aspects classiques comme l’invention de « communs » (services publics notamment), mais je songe aussi à la place de la fête et de la fantaisie, à l’amour et à l’amitié, à la question de la beauté…


Il faut « passer du désir de socialisme au socialisme de désir », affirmez-vous. Sans désir, pas de révolution possible ?

Le vrai dissensus est aujourd’hui de parler la langue du plaisir avant celle de la revendication. La gauche n’a pas compris que le peuple n’aurait pas de désir propre à opposer au capitalisme tant qu’il n’aurait pas de droit au plaisir. Seul le désir est révolutionnaire. Il ne s’agit plus de combler un manque mais de développer les liaisons sociales : « moins de biens, plus de liens ». Comme le proclamait Deleuze : « Le désir est révolutionnaire parce qu’il veut toujours plus de connexions et d’agencements. » La véritable particule élémentaire, ce n’est pas l’individu, c’est la liaison, le don, la gratuité. Mais en même temps, si le désir est ce qui autorise le plein déploiement de la vie, il est alors aussi ce qui permet que s’opère l’individuation de l’individu. On peut comprendre dès lors qu’il puisse y avoir de la joie dans les maquis ou durant des grèves dures, longues, à l’issue incertaine. Ce sont autant de moments où le combat exprime « la vérité même du mouvement de l’être », c’est-à-dire la « jouissance de l’être comme jouissance d’être » (Robert Misrahi).

Sans cette jouissance d’être, le socialisme ne peut qu’être un échec. Le mouvement pour la réduction du temps de travail (les 32 heures, tout de suite) ou le droit à un revenu garanti sont des instruments essentiels de libération. Mais ils ne pourront jamais à eux seuls nous sortir des années du « plus de jouir » capitaliste et nous libérer des réponses capitalistes face à nos angoisses existentielles. C’est pourquoi il nous faut construire dès maintenant des îlots de socialisme gourmand afin de casser l’imaginaire capitaliste et ce que l’imaginaire socialiste a de capitaliste.


Quel est ce « socialisme gourmand » que vous prônez ?

Parler de « socialisme », c’est continuer à dire que nous avons des ennemis à vaincre, autant le capitalisme que le fétichisme d’État. C’est rappeler que les socialismes n’ont été partisans de la croissance que de manière accidentelle et qu’il est donc possible de penser un socialisme sans croissance. Parler de « gourmandise » permet d’en finir avec l’idée d’un socialisme du nécessaire, d’un socialisme de la grisaille, avec ses générations sacrifiées, ses appareils de parti ou d’État gérant cette mal-jouissance.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:36

Nous avons une semaine pour convaincre

 

Cette élection n’est pas simplement une banale histoire d’alternance.

Ce qui se joue, c’est le risque de régression généralisée et de recul civilisationnel. Le Front de gauche en déclarant « l’Humain d’abord » est le seul à avoir pris la mesure de la situation.

 

Nous sommes les plus lucides, nous sommes les plus réalistes, car il n’y aura pas d’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre sans changement radical de braquet, sans affrontement avec le pouvoir de l’argent.

Mais la préoccupation des grands de ce monde, c’est de ne pas faire peur aux marchés financiers. Que tant des nôtres vivent dans la peur, dans la peur du chômage, dans la peur du surendettement, dans la peur du mal-logement, de la précarité, de la pauvreté ; que ce qu’ils, ou surtout elles, vivent dans leur chair, dans leur quotidien, ne les dérange pas, pourvu qu’on n’effraie pas la City et Wall Street. Ils veulent nous enfermer dans la dictature de l’alternance molle.

Levons cette chape de plomb qui ferme le champ des possible!


Le vote de conviction non seulement est permis, mais il est le plus utile à nos vies, à nos luttes, car il modifie le rapport de forces quand nous descendrons dans la rue, quand nous occuperons nos usines, quand nous serons mobilisés dans nos universités.

 

Partout, ce sera un point d’appui formidable car la mobilisation ne s’arrêtera pas. Nous sommes la garantie d’une gauche durable, à la hauteur des défis contemporains.

 

Et je voudrais vraiment que, très sérieusement, nous mesurions ici notre responsabilité. Si ma gauche est élue et qu’elle déçoit, le pire peut arriver. Une droite plus dure encore nous attendra de pied ferme et menaçante en 2017. Nous avons une semaine pour convaincre.

 

Ça se passe dans les dîners en famille, à la cafétéria des usines, de l’université, de l’entreprise. Notre objectif est de devenir majoritaires à gauche et dans le pays.

 

Nous sommes le nombre, nous sommes la force. Je vous le dis de tout mon cœur : ayons confiance, nous sommes le peuple.

(Extrait du discours de Clémentine Autain) 

 

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:23
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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 09:50

1er tour de l'élection présidentielle, J-9. Huit économistes expliquent dans nos colonnes certaines des raisons de leur soutien au programme du Front de gauche et à son candidat. Ils montrent qu’il n’est de réalisme que si l’on combat la loi de l’argent pour l’argent.


«Mélenchon, vos papiers ! » Les prétendus douaniers du suffrage universel, papes autoproclamés de l’orthodoxie économique pratiquent le tri sélectif à la frontière du scrutin. Les propositions que porte le candidat du Front de gauche seraient « irréalistes ». Huit économistes, de tradition, d’engagements différents montrent, au contraire, que pour sortir la France et les Français de la crise actuelle, la seule démarche crédible est celle en faveur de mesures radicales visant à faire reculer la domination de la finance.

Nos « douaniers » électoraux se gardent bien de réclamer des comptes à Nicolas Sarkozy. De lui demander de s’expliquer sur sa promesse de 2007 de réduire le taux de chômage à 5 % au bout de cinq ans, sur l’assurance renouvelée aux Français que le nombre de personnes sans emploi allait enfin baisser.


Une démarche radicalement nouvelle

Ils évitent de mettre en cause la crédibilité des candidats qui prétendent marier l’eau et le feu, l’austérité budgétaire et sociale et la croissance économique. De s’interroger sur cette supercherie consistant à proclamer très utiles au sein des budgets publics les dépenses d’investissement et éminemment dispendieuses les dépenses de fonctionnement, essentiellement celles consacrées aux salaires des fonctionnaires. Comme si, lorsqu’il s’agit de déneiger une route, il fallait considérer le camion à sel comme une bonne dépense et le salaire de celui qui le conduit comme un gâchis insupportable !

Jean-Luc Mélenchon, mardi, au micro de France Inter, a donné son propre chiffrage du financement d’un certain nombre de mesures sociales (voir encadré ci-dessous). Mais le plus important, affirment plusieurs des économistes que nous avons sollicités, c’est la démarche radicalement nouvelle proposée.


Le Front de gauche n’envisage pas dans son programme de trouver simplement des ressources dans ce qui existe afin de financer le Smic, la retraite à soixante ans, le développement des services publics, notamment ceux de la santé, de l’éducation et de la formation. Certes, il ambitionne d’effectuer des prélèvements fiscaux et sociaux qui dégonflent les fortunes, les spéculations, mettent un terme à des gâchis. Mais il entend également en trouver de nouvelles, bien plus importantes. Le projet se fonde sur un changement radical des règles du jeu au cœur même du pouvoir suprême des capitalistes, au sein des banques, Là où se trouve le pouvoir de créer de l’argent. Mais lisez et forgez vous-mêmes votre opinion.


Le chiffrage de Jean-Luc Mélenchon.

Mardi, Jean-Luc Mélenchon a expliqué que 
les 130 milliards d’euros de mesures sociales qu’il envisage seraient financés par les mesures suivantes :

- Taxation des revenus du capital comme 
ceux du travail, 50 milliards.
- Taxation des revenus financiers 
des entreprises, 20 milliards.
- Instauration de 14 nouvelles tranches progressives à l’impôt sur le revenu, 20 milliards.
- Renforcement de l’ISF et des droits 
de succession, 10 milliards.
- Suppression des niches fiscales 
et sociales inutiles, entre 10 et 20 milliards.
- Taxation différentielle des fraudes 
fiscales, 30 milliards.


Les explications de huit économistes

  • Frédéric Boccara, membre de la commission économique du PCF 
et du conseil national de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

"Priorité aux services publics"

Le programme du Front de gauche est le seul qui mette l’expansion sociale et du social comme un objectif et au cœur de sa logique. C’est nécessaire face au programme de Sarkozy, qui fragilise les salariés et donc l’efficacité économique réelle avec par exemple les accords de compétitivité qui autorisent la baisse des salaires. Un président candidat qui vient encore d’annoncer une diminution supplémentaire de 53,5 milliards d’euros des dépenses publiques. Lui comme Marine Le Pen sont d’accord pour appliquer la règle d’or, de déficit public zéro avant tout.


Le Front de gauche affirme l’absolue nécessité d’une expansion nouvelle des services publics, de l’emploi, des qualifications et des salaires. C’est une nécessité absolue pour relever les défis d’une autre efficacité, basée sur les capacités des hommes et des femmes et leur développement, pour répondre aux aspirations sociales de notre peuple, et pour sortir la France de l’ornière avec une l’impulsion d’une tout autre croissance. C’est incontournable aussi bien pour réindustrialiser vraiment et autrement que pour relever les défis écologiques. Ceux-ci exigent à la fois un développement sans précédent de services publics ouverts à l’intervention et des dépenses non soumises aux diktats des marchés financiers.


Le programme du Front de gauche est cohérent et donc réaliste, face aux incohérences contradictoires de F. Hollande qui affirme partager une ambition sociale, refuser l’austérité, et rivalise, cependant, avec la droite pour atteindre le déficit zéro en fin de mandat !


Mais la cohérence du programme du Front de gauche vient surtout de ce qu’il se donne les moyens de ses ambitions : des pouvoirs nouveaux et des moyens financiers. Et ceci en affirmant l’ambition de traiter simultanément l’enjeu français, l’enjeu européen et l’enjeu mondial. Car le principal obstacle à la mise en œuvre d’objectifs sociaux ambitieux ce sont les marchés financiers. Il s’agit de desserrer leur tenaille, avec un État qui leur verse l’an dernier en intérêts 48 milliards d’euros, pas loin du budget de l’éducation nationale, et des entreprises qui dépensent en charges bancaires et dividendes 309 milliards d’euros, plus du double de leurs cotisations sociales employeur ! Les faire reculer, voilà ce qui est urgent, réaliste !


Les trois propositions majeures du Front de gauche sont décisives : un pôle public bancaire et financier pratiquant un autre crédit, sélectif. D’autant moins cher que les investissements à financer programment plus d’emplois, de salaires et de valeur ajoutée ; un fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, abondé par la création monétaire de la BCE pour financer un essor des services publics ; et bien sûr une BCE qui rachète massivement le stock des dettes publiques.


Du côté des pouvoirs démocratiques, il est décisif que les salariés puissent non seulement suspendre les plans de licenciement, mais faire aussi des contre-propositions, avec leurs institutions élues et, point crucial à ne pas omettre, qu’ils puissent saisir le pôle public bancaire pour de l’argent à l’appui de leurs propositions.


Ce sont des propositions cohérentes, radicales, mais réalistes, s’inscrivant dans un changement effectif graduel.


Ce sont les enjeux déterminants de la période qui s’ouvre, surtout s’il y a une victoire de la gauche, enjeux pour la bataille d’idées, et ils sont au cœur des débats des économistes critiques, enjeu aussi pour la bataille politique et sociale présente et à venir.

  • Philippe Légé, maître de conférences à l’université de Picardie.

"Partager les richesses"

Les politiques qui ont échoué doivent être aggravées : telle est la devise des dirigeants européens qui ont adopté le MES (mécanisme européen de stabilité) et le nouveau pacte budgétaire. La Commission imposerait l’austérité et une majorité qualifiée des pays serait nécessaire pour s’y opposer. Les conséquences sont prévisibles. Il suffit d’observer la catastrophe en cours. En Grèce, où l’économie se contracte pour la cinquième année, le taux de chômage a bondi de 14,2 % à 20,7 % en un an. En Espagne, la récession revient et le taux de chômage atteindra 25 % en fin d’année. Sur le marché des dettes souveraines, où le répit a été de courte durée, les taux d’intérêt ont recommencé à augmenter. En 2012, la croissance de la zone euro sera négative.


La France n’est pas à l’abri, car la dynamique d’ensemble ressemble à une spirale. L’Insee anticipe d’ailleurs au premier semestre 2012 le plus fort recul du pouvoir d’achat depuis la fin 2008. Et si Nicolas Sarkozy ose se vanter de la « baisse tendancielle de l’augmentation du chômage », cela signifie simplement que l’économie française continue de détruire plus d’emplois qu’elle n’en crée. Il faut y mettre un terme, mais comment ?


En visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2017, François Hollande se distingue de Nicolas Sarkozy quant au calendrier mais pas quant à l’objectif : rassurer les marchés. C’est feindre d’oublier l’effet récessif des plans d’austérité et c’est surtout poursuivre la logique mortifère actuelle. Il faut au contraire changer les règles du jeu.


Le programme du Front de gauche a le grand mérite de commencer par expliquer comment « partager les richesses » et « reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers ». Ce sont des conditions indispensables. Si on ne touche pas à la répartition des richesses et aux institutions néolibérales, la seule sortie de crise envisageable est la régression généralisée.


À l’heure de la crise du capitalisme néolibéral, aucun programme de gauche n’est crédible s’il ne prévoit pas de briser la finance. Celui du Front de gauche intègre la nécessité de mettre fin au chantage des spéculateurs sur la gestion des entreprises et des États. Il comprend aussi des propositions permettant de revenir sur la baisse de la part salariale dans la valeur ajoutée. La hausse du Smic à 1 700 euros se répercutera intégralement jusqu’à 1,1 Smic et produira des augmentations importantes jusqu’à 1,5 Smic. Avec cet effet d’entraînement, 50 % des salariés en bénéficieront. Les autres travailleurs gagneront de nouveaux droits sociaux, de meilleurs services publics et des emplois par la généralisation des 35 heures sans perte de salaire et sans annualisation.


Le programme du Front de gauche prend aussi acte de l’incapacité du marché à organiser la transition énergétique. La nationalisation d’EDF, GDF, Areva et Total dans le cadre d’une planification écologique est porteuse d’espoir. Elle permettrait d’amorcer un début de rupture avec la logique capitaliste, à condition que la population elle-même prenne au sérieux « l’exigence de la maîtrise publique, sociale et démocratique » du secteur.

  • Michel Husson, économiste, membre du conseil national de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

"Libérer l’emploi 
du profit"

Contre le chômage, on n’a pas tout essayé. Toutes les politiques d’inspiration libérale (baisse du coût du travail, TVA « sociale » et autres politiques « de l’offre » pour « relance de la croissance », etc.) ont fait la preuve de leur inefficacité. Elles oublient que la montée du chômage depuis trente ans est rigoureusement parallèle à celle des profits non réinvestis, qui ont nourri les bulles financières. Si les dividendes versés par les entreprises représentaient la même proportion de leur masse salariale qu’il y a trente ans, ils seraient inférieurs de 60 milliards, ce qui équivaut à près de 2 millions d’emplois. De même, les allégements de cotisations sociales permettraient, si on les recyclait, de rémunérer près d’un million de salariés. Toute politique d’emploi ambitieuse doit donc s’appuyer sur un changement radical dans la répartition des revenus, permettant d’activer les créations d’emplois dans le privé et dans le public.


Dans le privé, la baisse du temps de travail est le seul moyen de créer des emplois durables. C’est pourquoi il faut rétablir une autre utilisation des gains de productivité. Au lieu d’être transférés aux actionnaires, ils devraient être affectés, selon une « règle des trois tiers », à la création d’emplois par baisse du temps de travail, à la revalorisation des bas salaires et à l’augmentation des ressources de la protection sociale. Plutôt qu’une société divisée entre stressés du travail, précaires et chômeurs, il faut aller vers une société du temps libre où tout le monde travaille, mais moins.


Aujourd’hui, la possibilité de créer des emplois est soumise au seul critère de rentabilité. Donnez-nous les moyens d’être compétitifs (lire rentables) et le reste (l’emploi) vous sera donné de surcroît. Une véritable révolution copernicienne est nécessaire : la société doit choisir ses priorités et créer ensuite des emplois là où sont identifiés les besoins, en utilisant ainsi pleinement ses capacités. L’objectif est que tout le monde soit employé de la façon la plus efficace, en mesurant cette efficacité par l’utilité sociale et non par la rentabilité dégagée. L’extension du secteur public est ici décisive, pour favoriser cette adéquation des ressources de main-d’œuvre aux besoins : éducation, santé, petite enfance, dépendance, services à la personne, investissements écologiques, etc.


La cohérence du programme du Front de gauche en matière d’emploi est assurée parce qu’il combine plusieurs propositions : refondre le système de crédit afin de réorienter l’activité économique ; donner des droits nouveaux aux travailleurs ; enclencher une dynamique de transition vers un autre modèle de développement. Mais il prévoit aussi des mesures immédiates, comme la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires qui fonctionnent comme un frein à l’embauche, le passage effectif aux 35 heures avec embauches correspondantes, la création d’emplois socialement et écologiquement utiles dans le secteur public au sens large (fonction publique, collectivités territoriales, associations).

  • Jean-Marie Harribey, économiste « atterré ».

"La transition écologique sera sociale 
ou ne sera pas"

À voir la situation sociale dans laquelle le sarkozysme a conduit la France, on ne peut guère s’étonner de l’impasse écologique actuelle car les deux vont de pair : à « l’environnement, ça commence à bien faire » correspond le « casse-toi, pauv’ con » adressé à tous les travailleurs inquiets de leur avenir. Les perspectives ne sont pas meilleures aux niveaux européen et mondial. Les prévisions les plus pessimistes du Giec (1) risquent de se réaliser : une hausse moyenne de la température terrestre de plus de 4 °C, mettant en branle des mécanismes non maîtrisables, car les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 50 % depuis 1990. Lors de la conférence de l’ONU à Durban, les gouvernements n’ont pas voulu s’engager au-delà du protocole de Kyoto. Ils ont montré leur incapacité à résoudre la crise du capitalisme dans toutes ses dimensions, économique, sociale et écologique : ils refusent en réalité de remettre en cause un modèle de développement qui a failli en termes de bien-être humain et de respect des équilibres écologiques. Trop de privilèges et de fortunes des classes dominantes seraient compromis si un tel modèle gaspilleur et inégalitaire était abandonné.


Pourtant, les voies pour sortir du capitalisme productiviste commencent à être définies sur la base de principes radicalement nouveaux :

– protéger et étendre, au fur et à mesure des besoins, la sphère non marchande pour produire les services d’ordre qualitatif que sont l’éducation, la santé, la culture, la recherche, la distribution de l’eau…, et délimiter strictement la sphère marchande avec l’obligation de respecter scrupuleusement les normes sociales et environnementales décidées collectivement. La protection des biens communs contre leur marchandisation est la clé de leur partage entre tous les humains ;

– instaurer une planification démocratique pour décider des grands choix d’investissement, notamment sur les types d’infrastructures, de transports et énergétiques, sur le logement et l’urbanisme. N’importe quelle production n’est pas justifiée, même au nom de l’emploi ; d’ailleurs sa qualité implique celle du travail ;

– relocaliser autant que possible les activités, notamment pour préserver la souveraineté alimentaire des peuples et pour réduire les transports ;

– engager une transition énergétique fondée sur la sobriété, l’efficacité, et les énergies renouvelables. Elle requiert une forte réduction de la consommation d’énergie, faute de quoi les renouvelables ne pourront satisfaire cette consommation à un coût raisonnable, d’autant que la sortie du nucléaire doit être mise en débat public immédiatement ;

– mettre en cohérence des outils économiques et les normes socio-écologiques : la fiscalité écologique s’intègre dans une réforme globale de la fiscalité. On peut appliquer un prix différent aux usages de certains biens, par un système de taxes approprié, selon qu’ils répondent à des besoins de base (alimentation, hygiène, santé) ou de confort, voire d’ostentation ;

– s’éloigner du productivisme suppose aussi d’affecter les gains de productivité à réduire le temps de travail plutôt que produire toujours plus, car la transition écologique exige davantage de justice sociale et de partage des richesses et du travail à accomplir. La condition première pour y parvenir est de réduire drastiquement les inégalités de revenu, grâce à trois leviers : fixation d’un revenu minimum décent pour tous, fixation d’un revenu maximum, réforme radicale de la fiscalité pour la rendre plus progressive.

(1) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, créé en 1988.

  • Jean-Cristophe Le Duigou, membre de la Commission économique de la nation.

"Relancer les salaires et reconsidérer le travail"

L’objectif de porter le Smic à 1 700 euros par mois se veut le symbole d’une rupture avec la logique de déflation salariale. « Ce serait irréaliste », décrète un expert de l’Institut de l’entreprise. Oui, eu égard aux critères de gestion actuels. Mais, bien entendu, non si l’on ambitionne de bousculer la logique de la rentabilité financière. La déflation salariale a été la contrepartie de la financiarisation de l’économie : le niveau des salaires a baissé, le prix des actifs financiers et immobiliers a explosé. Ainsi alors que les rémunérations salariales stagnent depuis quinze ans, le volume des actifs financiers détenus par les entreprises a été multiplié par 2,5 ! La politique de désindexation des salaires, la permanence d’un fort taux de chômage et le renvoi des négociations salariales au niveau des entreprises ont comprimé les rémunérations. Cette stratégie du « low cost salarial » nous conduit droit dans le mur.


L’augmentation des petits salaires est indispensable. Depuis le milieu des années 1990, les écarts salariaux se sont creusés entre les salariés les mieux payés et les autres catégories. Dans une masse salariale qui relativement à la valeur ajoutée s’est réduite, la part revenant aux salariés modestes et moyens a diminué de plus de 2 points en trente ans. À l’inverse, les 200 000 salariés les mieux payés ont vu leur part dans la masse salariale quasiment doubler.


La garantie d’une rémunération stable est une urgence. La dégradation du revenu salarial touche en priorité les jeunes, les femmes et les salariés peu qualifiés. Elle provient à la fois d’inégalités dans le salaire journalier et de différences dans le nombre de jours rémunérés annuellement. Le nombre de ces travailleuses et travailleurs partiellement salariés sur une année ne cesse d’augmenter. Il a doublé en trente ans. Cette précarité touche désormais plus du tiers du salariat.


La crise actuelle met en exergue le besoin d’une nouvelle stratégie de développement social, économique et environnemental, ce qui suppose évidemment une relance des salaires liée à une nouvelle approche du travail. « Soigner » le travail est une priorité. Cela nécessite de desserrer l’étau du financement qui étrangle les entreprises et de donner la priorité au développement des capacités humaines.


Le message doit être clair : il ne s’agit pas seulement de « revaloriser » le travail. Il s’agit de faire des propositions afin de le mettre au service de la satisfaction des besoins humains fondamentaux : la santé, l’habitat, la préservation de la planète, l’alimentation, la culture, la communication, l’information. Répondre à ces besoins nécessite de reconsidérer le travail, sa place, son rôle, son contenu et les capacités créatives de l’homme qui s’y expriment. La bataille sur le Smic engage un affrontement sans précédent de critères, de normes et de valeurs. Une politique globale du travail est un levier prioritaire pour la sortie de crise.

  • Guillaume Etievant, président de la commission économie du Parti de gauche.

"Tourner l’économie 
vers l’intérêt général"

Alors que la finance est responsable en grande partie de la crise actuelle, elle n’apparaît pas être le centre de cette campagne électorale. François Hollande a bien déclaré qu’elle était son principal ennemi, mais son programme économique reste bien timide sur cette question. Quant à Nicolas Sarkozy, on attend toujours sa moralisation du capitalisme promis début 2009. Les choix sont pourtant urgents à faire. Seul le programme du Front de gauche se propose de mettre en place des mesures drastiques de réglementation de la finance.


Si le Front de gauche arrive au pouvoir il réinstaurera le contrôle des mouvements de capitaux à nos frontières et taxera fortement les transactions autorisées. Les produits financiers tels les ventes à découvert, qui permettent de vendre un titre que l’on ne détient pas, ou les CDS, qui permettent de spéculer sur les dettes souveraines, seront interdits. Le financement des biens publics sera renationalisé pour empêcher les marchés financiers de se goinfrer sur le dos des peuples. La gestion des entreprises sera également définanciarisée grâce à la taxation des revenus financiers, à la suppression des stock-options et à l’interdiction des LBO. Ces derniers permettent actuellement aux actionnaires d’acheter une entreprise grâce à un recours massif à l’emprunt, qu’ils remboursent par une hausse de la rentabilité, en faisant pression sur les salariés. Par ailleurs, un pôle public bancaire au service de l’intérêt général sera créé et les banques d’investissement seront séparées des banques de dépôt.


Bref, les solutions ne manquent pas. Elles ne sont pour le moment pas appliquées car, depuis trente ans, les gouvernements ont choisi de s’asservir aux exigences du capital. La crise actuelle n’a rien d’inéluctable : elle provient de choix économiques et politiques clairs, influencés par les théories libérales, qui ont laissé les mains libres à la finance. Aujourd’hui, les sociaux-démocrates dans toute l’Europe ne peuvent plus agir contre la finance car ils restent prisonniers des traités européens. François Hollande a d’ailleurs débuté sa campagne en allant rassurer immédiatement les marchés financiers à la City de Londres. Et son programme a tout pour les satisfaire : 
absence de réglementation 
sérieuse de leurs pratiques, aucune proposition pour mieux répartir la valeur ajoutée des entreprises, aucune hausse du Smic…


À l’inverse, le Front de gauche propose une grande bifurcation de notre modèle économique, pour qu’il soit tourné vers l’intérêt général et non plus vers les intérêts privés de l’oligarchie financière. Il se donne les moyens de cet objectif en prônant clairement la désobéissance européenne et l’opposition frontale aux différents traités européens. La dynamique de sa campagne permet aujourd’hui au peuple tout entier d’ouvrir les yeux et de se rendre compte que des alternatives existent. Elles sont simples à mettre en place, par la force de la loi.

  • Denis Durand, économiste, syndicaliste.

"Où trouver l’argent ? pas sur les marchés financiers"

Le programme du Front de gauche n’est pas un catalogue de promesses sociales que l’on pourrait satisfaire par la vertu d’une simple redistribution des richesses. La crise du capitalisme financiarisé est profonde, aussi notre stratégie économique est-elle d’amorcer un nouveau type de développement fondé sur l’économie des dépenses en ressources naturelles et en charges financières, pour pouvoir dépenser plus pour les salaires et l’emploi : l’humain d’abord !


Mais cela exige dès à présent de réaliser des investissements considérables pour pouvoir créer beaucoup d’emplois. Où trouver l’argent ? Sur les marchés financiers ? Sûrement pas ! C’est cela qui nous a conduits au chômage de masse et aux crises spéculatives de plus en plus destructrices. Dans les banques, alors ? En effet, les banques disposent d’un pouvoir extraordinaire : décider à qui ira l’argent de leurs crédits. Mais depuis trente ans les politiques monétaires menées par les banques centrales ont incité les banques à financer les spéculations financières plutôt que l’emploi et la création de richesses réelles.


Changer ces politiques est un levier indispensable pour sortir des cercles vicieux du chômage et de l’austérité. Bien sûr, pour changer les objectifs et le statut de la Banque centrale européenne, il faudra changer les traités européens. C’est ce que prévoit le programme du Front de gauche. Mais il appelle à commencer cette action dès aujourd’hui. Les luttes sociales et politiques commencent à interpeller les banques pour qu’elles donnent à la priorité à l’emploi, au développement des territoires, à la préservation de l’environnement. Elles auront à le faire de plus en plus à mesure que la crise s’approfondira.


Ces exigences peuvent, demain, être l’objet d’assemblées régionales et d’une assemblée nationale pour l’emploi, les qualifications et les salaires. Un pôle financier public donnerait l’impulsion à une mobilisation de tout le système financier dans ce sens.


La Banque de France analyse les comptes et le financement de plus de 250 000 entreprises. Dès aujourd’hui, elle a les moyens de dire aux banques : tel crédit accordé à telle entreprise a servi à créer des emplois pour développer de nouvelles productions utiles et protéger l’environnement, à développer des recherches. Il mérite donc d’être encouragé, je suis d’accord pour que la BCE te prête cet argent, à un taux inférieur à celui du marché, voire à 0 %. Tel autre crédit a servi à exporter des capitaux, à délocaliser des productions, à remplacer des emplois par des machines : ne compte pas sur moi, ni sur la BCE, pour le refinancer !


La même logique présiderait au financement direct par la BCE, grâce à son pouvoir de création monétaire, du fonds européen de développement social, écologique et solidaire dont le Front de gauche préconise la création. Ce fonds serait affecté au financement de dépenses publiques répondant à des critères soigneusement vérifiés d’efficacité économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (sécurisation de l’emploi et de la formation) et écologique (économies d’énergies et de ressources naturelles).


Ainsi, pour le Front de gauche, la réorientation de l’action de la BCE n’est pas un instrument magique pour résoudre la crise à la place des peuples : c’est l’enjeu d’un combat qui concerne tous les citoyens.

  • Dany Lang, 
enseignant-chercheur à l’université Paris XIII.

"Changer d’Europe 
pour sortir de la crise"

Depuis 1986 et l’Acte unique, les traités européens successifs poussent tous plus avant la logique néolibérale. Le traité de Maastricht de 1992 a introduit le principe de « non-solidarité » entre États européens en cas de crise et a interdit à la Banque centrale européenne (BCE) d’acheter ou même de garantir la dette publique. Toujours d’actualité puisqu’ils ont été repris dans tous les traités ultérieurs, ces principes partent du présupposé que les marchés allouent les ressources de manière efficace. Ils visent donc à confier aux marchés la délicate tâche de faire converger nos économies.


Or, au lieu d’amener la croissance, la stabilité et la convergence, les marchés ont mené l’Europe au bord du gouffre. Et ils continuent de faire preuve de leur inefficacité, puisqu’avec l’appui de leurs bras armés que sont la Commission, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI), ils imposent aux économies européennes des plans d’austérité absurdes. Ces plans sont contre-productifs, alors même que nos économies sont touchées par la pire crise depuis la grande dépression des années 1930. En plombant durablement la croissance, ces plans réduisent les recettes fiscales, déjà affectées par la crise. Cela contribue à l’envolée des dettes publiques, justifiant ainsi la mise en œuvre de nouveaux plans d’austérité. L’Europe se trouve ainsi piégée dans un cercle vicieux. C’est son existence même qui est aujourd’hui mise en péril.


Face à la crise, les chefs d’État et de gouvernement se sont acharnés à reproduire et aggraver les recettes néolibérales qui ont échoué. Les multiples sommets européens ont ainsi engendré, entre autres, le pacte pour l’euro plus, le mécanisme européen de stabilité (MES) et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Juridiquement verrouillés, non amendables, ces textes imposent une austérité sans fin ainsi qu’une mise sous tutelle des États. Ils transfèrent les armes budgétaires et fiscales des pouvoirs élus démocratiquement vers des pouvoirs technocratiques.


Pour sortir de la crise économique, écologique et démocratique, un changement d’Europe s’impose. La première mesure à prendre d’urgence pour mettre fin définitivement à la crise des dettes publiques est d’autoriser la BCE à garantir et racheter la dette publique. Il faut également remettre en cause l’indépendance de la BCE par rapport aux instances démocratiquement élues comme le Parlement européen. Dans un contexte de crise, il est irresponsable de priver les États des leviers budgétaires et fiscaux, indispensables pour relancer l’activité. Les traités imposant l’austérité comme le TSCG doivent donc être soumis à référendum.


L’Europe a également l’ardente obligation de renouer avec une vision de long terme, en s’engageant dans une politique de planification. Il faut ainsi refonder la politique agricole commune (PAC) afin de promouvoir une agriculture de proximité et de qualité. De grands programmes européens technologiques et industriels dans les grands domaines d’avenir (comme les énergies renouvelables, l’éducation et la recherche ou les infrastructures) doivent être mis en œuvre. Ces programmes seront financés grâce à la création d’un pôle financier public, qui collectera l’épargne des ménages et œuvrera au service de l’économie réelle. Enfin, il faut construire l’Europe sociale en étendant les droits sociaux et en créant de nouveaux (salaire minimum, couverture sociale, retraites).


La désobéissance européenne, la soumission des traités à référendum ou 
la planification écologique apparaissent ainsi comme autant d’éléments pertinents et indispensables 
pour changer d’Europe et assurer l’indispensable transition écologique. Cette stratégie, c’est celle du Front de gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon.


Pierre Ivorra

 

http://www.humanite.fr/politique/le-projet-du-front-de-gauche-est-credible-contre-la-finance-494413

 


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