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  • : Blog du comité montreuillois de la FASE. La politique ne peut rester une affaire de spécialistes et doit devenir l'exercice plein pour chacun-e de sa citoyenneté. L'action des élu-e-s doit être dans un prolongement des mobilisations et un moyen de dialogue permanent avec celles-ci au sein des institutions. Convergence, rencontre, pratiques mises en commun, en regroupant la pluralité des cultures et parcours
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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 10:53

Et maintenant ?

par Pierre Zarka[i]

 

 

 

 

            La crise n’est ni un contexte ni ne résulte de mauvais choix. C'est un combat contre les peuples. Les fermetures d’entreprises, la baisse des revenus, le recours à la flexibilité, les prêts à des taux usuraires aux Etats, le culte de la réduction des dépenses publiques n’ont pas comme motivation unique de faire de l’argent sur le dos des peuples mais aussi de mettre ces derniers à genoux et d’asphyxier toute velléité de changement. La lutte de classes existe.


             Faut-il faire davantage pression sur le PS ? La France et l’Italie donnent l’exemple de deux PC initialement plus influents que la social-démocratie et on a vu les résultats. Invoquer La Gauche comme si elle était une entité au-dessus du mouvement populaire ne fait pas le poids. Le clivage gauche-droite peut contribuer à notre insu à masquer le clivage capital-peuples. Le recours à l'Etat comme arbitre s’est avéré vain ces 40 années passées.  Il flatte les comportements délégataires et l’impuissance qui en découle fait le lit de « tous les mêmes ». Peut-on se sentir forts si la lutte consiste à appeler l’Etat au secours ? Peut-on considérer que la réponse à ses propres besoins est le levier du développement de la société si l’on se considère comme sujet sous tutelle? On ne peut dissocier les acquis de la Libération d’une haute opinion de soi liée à la Résistance. Il n’y a de luttes efficaces que productrices de pouvoirs sur  l’économie et sur les prérogatives actuellement  aujourd’hui réservé à l’Etat. Les financiers l’ont bien compris.      


              Se hisser à ce niveau suppose que l’action devienne synonyme d’appropriation de la politique. Or s’il est courant de déplorer la délégation de pouvoir, il est moins courant d’en tirer la conclusion que les luttes doivent changer de nature. Elles ne peuvent plus être considérées comme strictement revendicatives, déléguant aux partis l’action politique. Les grands rassemblements du Front de Gauche ont porté l’envahissement de l’espace public comme expression d’une volonté d’appropriation de la politique. Révolution citoyenne, Prenez le pouvoir ont besoin d’être concrétisés par des arguments, des propositions de transformations structurelles et des actes qui dessinent un projet cohérent.


             Le refus de la structure de la société et de son fonctionnement ne peut rester un discours abstrait mais devient l’enjeu de la politique. Chaque lutte doit pouvoir s’en emparer. D’autant que les signes des contradictions dans lesquelles se trouve le capitalisme se multiplient. Stiglitz ex-directeur de la Banque mondiale alerte dans l’Humanité du 11 sur l’impasse du « système de marché ». Les Echos du même jour évoquent  à propos de la « rigueur » « la création d’une crise artificielle ». Même alerte à l’ONU. Ils dénoncent le déchaînement du système, et là est l’impasse : penser réguler une dynamique qui repose sur le déchaînement. Cependant, il serait paradoxal que ce soient seulement eux qui parlent de système.


                   Comment ne pas nous auto-interpeller devant l’écart entre les 53% qui jugent le capitalisme inamendable et le niveau des réactions devant chaque mauvais coup ? En politique le rapport de forces est d’abord un rapport de forces d’idées. Les combats victorieux dans l’Histoire ont été ceux qui se sont attaqués au système qui générait les problèmes affrontés et pas seulement à leurs conséquences. Peugeot, la famille Doux ne veulent plus de leur entreprise ? Prenons-les. Les distributeurs disent fournir l’essence quasiment au prix coutant ? Ils ne perdront donc quasiment rien si nous en devenons collectivement propriétaires. La manif du 30 n’aurait pas la même portée si elle exprimait la volonté de maitrise des flux financiers.


              Toucher du doigt une visée qui nous projette hors de l’horizon du capitalisme, change le rapport de forces, avant même de l’atteindre.

 



[i]               Association des Communistes Unitaires participant à la FASE; auteur de Oser la vraie rupture/Gauche année zéro ; Ed de l’Archipel.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 07:52

L'europe au service des marchés, ça suffit!

avec Aurélie Trouvé (Attac France) et Vangelis Goulas (Syriza)

 

 


 

 

Transition écologique et défense de l’emploi

avec Paul Ariès (objecteur de croissance) et Alain Gély (syndicaliste CGT)

 

 


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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 10:30



La concomitance des élections françaises et grecques a fait courir sur l’Europe un vent de fraîcheur. Les bons résultats du Front de gauche en France, les scores superbes de Syriza et de la gauche radicale en Grèce (plus de 30 %) nous disent tout haut que nous avons commencé à en finir avec la longue séquence dépressive des années 1980-1990, celle du face-à-face exclusif de l’ultra-libéralisme et du social-libéralisme. Le réalisme de la rupture peut marquer des points face à l’irréalisme de l’adaptation. C’est un événement. Qu’il faut bien sûr confirmer aux législatives de juin.

La gauche française a obtenu un résultat très honorable au premier tour ; elle a gagné au second. Elle a progressé, le 22 avril, parce que le PS et la gauche de gauche ont progressé tous deux par rapport à 2007. Mais elle reste au-dessous de ses scores des années 1970-1980, parce que la gauche de gauche n’a pas retrouvé les niveaux qui étaient les siens au temps de la bonne santé électorale du PCF.

En France, la gauche de gauche est comme à mi-chemin. Elle a globalement effacé le souvenir désastreux de 2007. Après avoir mené une campagne remarquable, J.-L. Mélenchon réalise un score à deux chiffres qui était inespéré il y a quelques mois encore. Il fait à lui seul mieux que le total éparpillé de 2007 (+ 2,2 %) mais moins que le total de 2002 et de 1995 (- 2,8 %).

Le mieux est le signe que la démarche du Front de gauche (FDG) va dans la bonne direction : pas question de revenir en arrière ou de rester en marge ; pas d’autre solution que d’être pleinement dans le FDG. Le moins bien est le signe que le Front n’est pas encore à son rythme de croisière : y participer implique donc de l’aider à se transformer pour être plus efficace.

Un niveau « normal » pour la gauche de gauche est suggéré par l’espace de sympathie que dessinaient les sondages de la mi-avril : plus de 15 % des voix. Atteindre puis dépasser ce seuil, pour redevenir majoritaire au sein de la gauche, n’est plus un rêve vague. Des conditions existent cependant pour parvenir à cet objectif.

La plus fondamentale, dès demain, est de tisser un lien renouvelé entre la mobilisation sociale et les constructions politiques. La subordination du social au politique a fait son temps ; mais la séparation de l’un et de l’autre est une malédiction. Nous ne partons heureusement pas de rien : l’expérience du mouvement anti-TCE en 2005 et cette campagne présidentielle elle-même ont ouvert des pistes, en associant militants politiques, syndicalistes, associatifs. Ne sous-estimons pas pour autant le fait que nous avons, sur ce point, un authentique devoir d’innovation.

Le FDG peut y contribuer ; pour le faire efficacement, mieux vaudrait toutefois qu’il s’affirme comme un creuset de citoyenneté directe, et non comme un simple cartel d’organisations. En matière de méthode alternative, comme en matière d’organisation citoyenne, la créativité est d’autant plus nécessaire que la période à venir sera rude. La crise, la pression libérale à l’austérité et une recomposition de la droite à l’italienne : nous n’aurons pas que du bonheur !

La campagne a révélé une dynamique militante et citoyenne exceptionnelle ; la pâte ne doit pas retomber. C’est dire que le plus urgent, à très court terme, est l’amélioration de l’outil FDG. Pour l’instant c’est une structure de fait, pas de droit. Ses modes de fonctionnement sont aléatoires : ils ont besoin d’être stabilisés, et donc formalisés. Il est peu vraisemblable que les deux principaux acteurs du FDG renoncent aujourd’hui à leur existence spécifique. Dans l’immédiat, le plus raisonnable est ainsi de considérer que le Front va garder un caractère mixte : il devrait être à la fois une base de coopération de partis et une structure d’accueil pour des individus.

Dès lors, autant se dire qu’il est composé, à égalité de dignité, d’organisations constituées (partis et mouvements) et de structures localisées (assemblées citoyennes ou autres) où des individus ont la possibilité d’adhérer directement. Aucune organisation ne doit avoir l’impression que l’on décide à sa place et qu’elle perd l’autonomie qu’elle souhaite garder ; en sens inverse, aucun des individus qui ne se reconnaissent dans aucune organisation particulière ne doit avoir le sentiment qu’il est le jouet de structures par ailleurs bien rodées.

Dans une période sans élection à court terme, comment faire vivre la double dimension du Front ? Des conventions nationales périodiques pourraient rassembler à la fois les représentants des organisations et ceux des structures locales du Front, pour fixer le cadre général du travail en commun. Une fois le cadre défini, une structure souple de coordination prendrait les décisions nécessaires entre les conventions. Sa composition pourrait être déterminée par consensus : l’essentiel est que toutes les parties prenantes s’accordent pour que la pluralité soit effective, celle des sensibilités comme celle des pratiques et des générations.

Si la gauche de gauche veut devenir hégémonique à gauche, elle doit aller progressivement vers une cohérence égale à celle des grandes formations de la gauche et de la droite, PS et UMP. L’idéal reste donc à mes yeux du côté d’une seule formation à la gauche du PS, à la fois cohérente et plurielle, brassant sans les faire disparaitre les traditions, les cultures, les pratiques et les générations. Je persiste à penser qu’il faudra bien aller dans cette direction. Mais, à moyen terme, le FDG restera dans un entre-deux : au mieux, il sera plus qu’un cartel ; il sera moins qu’une organisation...

Dans cette hypothèse, nous serons confrontés à un problème épineux : à ce jour, les composantes partisanes du FDG reposent sur deux formations centrales (PCF et PG) et sur une poussière de groupuscules. Or le tête-à-tête des deux « ténors » n’est pas bon : il crée des tensions latentes ; il laisse de côté ceux qui ne se reconnaissent aujourd’hui ni dans l’une ni dans l’autre de ces traditions. En outre, l’expérience montre que la parcellisation de petites structures, à côté des deux formations les plus importantes, conduit en pratique à leur satellisation.

J’ai ainsi la conviction qu’il faut chercher à faire progresser le Front dans deux directions simultanées, tout aussi stratégiques l’une que l’autre : aller vers un FDG « citoyen », dans lequel l’appartenance à une structure déjà existante n’est pas la condition pour adhérer et militer ; faire en sorte que l’état des organisations participantes soit le plus riche et le plus efficace possible.

Trois questions se posent à propos du second objectif : pour être efficace ne faut-il pas regrouper au sein du FDG les petites formations autres que le PC et le PG ? Ce regroupement est-il possible en l’état ? Peut-il se définir autrement que de façon négative, par un « ni-ni » (ni PC ni PG) ?

Aux trois questions, j’ai tendance pour l’instant à répondre de façon triplement positive :
- le regroupement, à côté du PC et du PG, est nécessaire pour agir utilement à l’intérieur du Front ;
- il est possible dès l’instant où la volonté politique existe pour le bâtir ;
- il correspond à une expérience et à une culture bien installées depuis quelques années, qui ne s’opposent pas à celle des deux autres composantes du Front, mais qui pour l’instant ne se confondent pas pleinement avec elles.

Du côté des « ténors », il en est qui considèrent que la séquence ouverte en 1995 (la conjonction d’un esprit de radicalité et d’un « mouvement social ») est désormais terminée, que le temps des « mouvementistes » pagailleux est passé et que le moment est venu de retourner aux « fondamentaux » des partis politiques d’hier et d’avant-hier. Or, beaucoup des militants engagés dans le FDG et dans la campagne Mélenchon se sont inscrits, depuis le début des années 1990, dans une dynamique originale, indissociablement sociale et politique, associative, syndicale et partisane, qui ne se contentait pas de « continuer » les traditions antérieures de la République et du mouvement ouvrier. Beaucoup parmi nous se sont côtoyés dans cette expérience innovante, se sont découverts, ont appris à construire ensemble, à se projeter ensemble dans l’avenir. Nous ne sommes pas près de tourner le dos à un cheminement prometteur ; nous devons vouloir encore en tirer les leçons politiques.

Cette proximité de longue durée peut être positivement valorisée. La légitimité d’un rapprochement spécifique à l’intérieur du FDG ne se définit pas d’abord de façon négative. Elle est dans le désir de continuer une expérience, jusqu’à ce jour propulsive, qui repose sur quelques grands piliers :
- la nécessité vitale de concilier pluralité maximale et cohérence d’action, sans sacrifier l’une, sans renoncer à l’autre ;
- le besoin de conforter la critique exhaustive de l’existant (l’exploitation, la domination, l’aliénation articulées à l’hégémonie du capital) par l’énoncé d’une cohérence alternative et donc d’un projet d’émancipation, multicolore et argumenté ;
- la promotion d’une rupture franche, qui se démarque à la fois du marché « libre » et de l’étatisme ;
- la liaison indissoluble, dans la longue durée, entre rupture radicale et construction politique et citoyenne, entre dynamique sociale et débouchés politiques, entre luttes et élections, entre anticapitalisme et processus émancipateurs concrets.
À tout cela s’ajoute la volonté déterminée de ne pas séparer continuation et novation, fidélité et transformation, dans la façon de penser comme dans la manière de s’organiser.

Sur cette base, il n’est certes pas facile d’esquisser d’un trait les contours d’une convergence durable et les structures capables de les faire vivre. Pas question donc de bâcler la construction d’une démarche fédératrice ouverte et positive ; pas question d’éviter le temps nécessaire des propositions, des vérifications et des rythmes d’évolution de chacun. Mais pas question non plus de traîner à l’infini. Une fois la séquence électorale complètement terminée (juin), la « fenêtre de tir » ne sera ouverte que brièvement. Toute précipitation serait improductive ; tout retard serait étouffant.

En tout état de cause, l’expérience des cinq dernières années a tranché : dispersée, la gauche d’alternative est vouée à la rétraction et à la marge ; rassemblée ou en voie de rassemblement, elle peut reprendre l’initiative et se sortir du dilemme éprouvant qui la conduisait à être, soit un aiguillon marginal soit une roue de secours de majorités inéluctablement dominées par l’esprit d’adaptation. Bonne nouvelle : unie, la gauche de gauche peut à la fois peser sur la gauche et être indépendante de la social-démocratie. Nous y avons pris goût ces derniers mois ; comment pourrions-nous retourner aux errements centrifuges d’antan ?
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:08

 

Par Agnès Rousseaux (17 avril 2012)

La gauche militante serait-elle encore trop austère, le socialisme trop grisâtre et l’écologie trop culpabilisante ? Pour contrecarrer la « mauvaise jouissance » et l’assouvissement immédiat du désir consumériste que véhicule le capitalisme, le politologue Paul Ariès prône un « socialisme gourmand ». Ou comment articuler plaisirs et revendications dans le cadre d’expérimentations alternatives, premières étapes vers une rupture avec le système prédateur actuel.

socialisme_gourmand.gif

 

 

Basta ! : Pourquoi « faire sécession » du capitalisme ? Les analyses de la gauche sur le capitalisme aujourd’hui sont-elles pertinentes ?

Paul Ariès [1] : Il est de plus en plus difficile d’exister réellement dans cet univers voué à la marchandise et à l’accumulation sans fin. Nous peinons à donner un sens réel à nos existences et nous sommes devenus sourds aux appels à la vie. La gauche sous-estime la critique du capitalisme. Le capitalisme, c’est en effet trois choses. C’est un système d’exploitation du travail et de pillage de la nature. Cela, les gauches le critiquent assez bien. Le capitalisme, c’est aussi l’imposition de modes de vie particuliers et de produits qui lui sont spécifiques. Les gauches ont largement perdu la critique des styles de vie capitalistes. Le capitalisme, c’est enfin une réponse à nos angoisses existentielles, au sentiment de finitude, à la peur de mourir. La réponse capitaliste est le toujours plus, plus de richesses économiques et de pouvoir. Ne nous leurrons pas : le capitalisme nous donne à jouir. C’est certes une mauvaise jouissance, une jouissance d’emprise, une jouissance d’avoir. Nous ne pourrons cependant qu’être dans des combats défensifs tant que nous n’inventerons pas nos propres dissolvants d’angoisse existentiels. Je pense bien sûr à des aspects classiques comme l’invention de « communs » (services publics notamment), mais je songe aussi à la place de la fête et de la fantaisie, à l’amour et à l’amitié, à la question de la beauté…


Il faut « passer du désir de socialisme au socialisme de désir », affirmez-vous. Sans désir, pas de révolution possible ?

Le vrai dissensus est aujourd’hui de parler la langue du plaisir avant celle de la revendication. La gauche n’a pas compris que le peuple n’aurait pas de désir propre à opposer au capitalisme tant qu’il n’aurait pas de droit au plaisir. Seul le désir est révolutionnaire. Il ne s’agit plus de combler un manque mais de développer les liaisons sociales : « moins de biens, plus de liens ». Comme le proclamait Deleuze : « Le désir est révolutionnaire parce qu’il veut toujours plus de connexions et d’agencements. » La véritable particule élémentaire, ce n’est pas l’individu, c’est la liaison, le don, la gratuité. Mais en même temps, si le désir est ce qui autorise le plein déploiement de la vie, il est alors aussi ce qui permet que s’opère l’individuation de l’individu. On peut comprendre dès lors qu’il puisse y avoir de la joie dans les maquis ou durant des grèves dures, longues, à l’issue incertaine. Ce sont autant de moments où le combat exprime « la vérité même du mouvement de l’être », c’est-à-dire la « jouissance de l’être comme jouissance d’être » (Robert Misrahi).

Sans cette jouissance d’être, le socialisme ne peut qu’être un échec. Le mouvement pour la réduction du temps de travail (les 32 heures, tout de suite) ou le droit à un revenu garanti sont des instruments essentiels de libération. Mais ils ne pourront jamais à eux seuls nous sortir des années du « plus de jouir » capitaliste et nous libérer des réponses capitalistes face à nos angoisses existentielles. C’est pourquoi il nous faut construire dès maintenant des îlots de socialisme gourmand afin de casser l’imaginaire capitaliste et ce que l’imaginaire socialiste a de capitaliste.


Quel est ce « socialisme gourmand » que vous prônez ?

Parler de « socialisme », c’est continuer à dire que nous avons des ennemis à vaincre, autant le capitalisme que le fétichisme d’État. C’est rappeler que les socialismes n’ont été partisans de la croissance que de manière accidentelle et qu’il est donc possible de penser un socialisme sans croissance. Parler de « gourmandise » permet d’en finir avec l’idée d’un socialisme du nécessaire, d’un socialisme de la grisaille, avec ses générations sacrifiées, ses appareils de parti ou d’État gérant cette mal-jouissance.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 10:23
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 10:37

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Les "idées" du Front National ? (Via Cerises)

La médiatisation de Marine Le Pen, les sondages, le souvenir de 2002 alimentent l'inquiétude et focalisent les réactions contre le FN... Au détriment des sources et causes réelles de son apparente montée ? Entretien avec Laurent Lévy, militant antiraciste.


Le racisme, la xénophobie, tant sur le plan idéologique que politique ne sont pas une nouveauté ?

 
Non seulement ce n’est pas une nouveauté, mais c’est assurément, en tant qu’idéologie, un vieil archaïsme. L’idée que "nous" sommes mieux que "eux" est sans doute la plus vieille, la plus répandue, la plus universelle des conceptions du monde : celle sur laquelle, paradoxalement, tout le monde peut se mettre d’accord. Tout le monde ou presque, bien entendu, car la vérité est aussi que, dans notre pays comme dans d’autres et peut-être plus que dans certains autres, le nationalisme - qui est au cœur de tout racisme et de toute xénophobie - a connu de salutaires reculs depuis le milieu du XXe siècle. Le refus de ce que l’on constitue comme "autre", ou le sentiment de supériorité sont deux facettes d'un même phénomène qui ont toujours existé, en particulier dans des situations d'instabilité, de fragilité, de "précarité" dirait-on aujourd'hui. Et cela a servi d'instrument de justification des politiques de conquêtes, de domination ou de détournement des responsabilités ou des causes des difficultés : de l'image de la sorcière à celle du "sauvage", de l'Indien ou l'Africain à envahir et exploiter au rital ou au polak. Mais la différence aujourd'hui est que - on aura l’occasion d’y revenir - la masse de celles et ceux qui font l’objet de pratiques racistes ou xénophobes est aujourd’hui bien plus importante qu’elle ne l’était naguère. Il ne s’agit plus d’un extérieur à la société française, mais bien d’une fraction de la société elle-même. Ce qui était "seulement" raidissement national est aujourd’hui une source, une forme de division du peuple lui-même où des lignes de fracture artificielles sont tendues. Ainsi, si ce n’est à l’évidence pas une nouveauté, la question prend aujourd’hui du relief et une importance politique nouvelle. L’antiracisme n’est dès lors plus une simple posture morale ou un supplément d’âme de la politique, mais une question politique de première importance.

Le Front national décrypté en 8 fiches (via Place au Peuple 2012)

Le Front national version Marine Le Pen a changé entend-t-on. Mais qu’en est-il vraiment ?
Durant ces fêtes, vraisemblablement, viendrez-vous à parler politique et élections avec vos proches ? Peut-être même que l’un d’entre-eux, éreinté par la crise, vous avouera qu’il compte voter Marine Le Pen ? Qu’après tout, le FN n’est plus ce qu’il était. Or tout cela est un enfumage.
Cet argumentaire réalisé par le PCF pour le Front de gauche vous permettra de faire comprendre à votre oncle, tante, mère, grand-père, cousin ou ami, que le Front national et Marine Le Pen ne sont pas ce qu’ils prétendent être.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 10:02

Pour vérifier la portée de notre message, une bonne façon est d’écouter les femmes et les hommes qui s’arrêtent sur un marché pendant une distribution de tracts.

 

fdgpaveplein.jpg

 

Une toute jeune mère de famille africaine : « Ah, Mélenchon a été très bon à la télé. Alors j’hésite. Sur la dette je vais le lire votre tract » (Cliquer pour lire) Elle a aussi été marquée par la sincérité de Jean-Luc parlant des immigrés. Deux hommes originaires du Maghreb s’arrêtent et disent aussi : « Il faut vraiment bousculer ! ».

 

Le marchand qui nous appelle demande « Où il en est dans les sondages ? » et il conclut : « Chez nous, on voit clair maintenant et on sera cinq de plus à voter pour lui ».

 

Jusqu’au distributeur du tract PS qui affirme « Le triple A c’est pour nous faire perdre la boussole ». Il n’en revient pas que le porte-parole de Hollande ait pu dire que le programme du PS sera bien jugé par les agences de notation. À ses yeux, ce ne peut être qu’une c…

 

Bref, une gauche se cherche et pourrait se trouver.

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:39

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Le combat contre les discriminations et pour les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels (LGBT) est une dimension du combat pour l’émancipation humaine et pour l’égalité.

S’émanciper, c’est devenir libre et acquérir les moyens de s’épanouir.
C’est passer de la situation de victime à la position d’acteurs dans la société. D’une domination subie au mouvement pour s’en libérer.

La lutte pour les droits des personnes LGBT, avec ses spécificités, fait partie du combat général pour transformer la société.
Elle est en filiation avec les combats féministes et antiracistes, avec les luttes contre toutes les discriminations et pour l’égalité, avec la question sociale.

Toute régression sociale, toute précarisation de la vie, toute souffrance au travail sont en effet des reculs collectifs qui concernent également les personnes LGBT.
Et dans le même temps, vivre librement son orientation sexuelle est une des dimensions de la citoyenneté, car la liberté et le progrès humain ne  se divisent pas.

C’est pourquoi nous poussons à l’apport des luttes LGBT dans les projets politiques ; nous soulignons aussi que ceux‐ci doivent s’attaquer à toutes les discriminations et à toutes les inégalités, et non se limiter à certaines d’entre elles.
C’est ainsi que la politique peut être la conquête d’espaces de liberté et d’égalité.

Nous pensons enfin que les luttes LGBT ont une dimension mondiale, comme toutes les luttes pour l’égalité et les droits. Elles peuvent d’ailleurs se renforcer grâce aux convergences et à la coopération entre les mouvements de différents pays.

 

La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), qui participe au Front de gauche, engagée dans la campagne des élections législatives et présidentielles de 2012, avec Jean-­‐Luc Mélenchon, propose son triple A :


• Agir ensemble pour l’abolition universelle de la pénalisation de l’homosexualité
• Appuyer le monde associatif et syndical luttant contre les discriminations LGBT
• Agir ensemble pour l’égalité des droits et la justice

Ce combat a déjà commencé.
Il continuera après les élections.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:05
« Rarement le capitalisme aura montré de façon si caricaturale sa nocivité pour la grande majorité. Tout un système, organisé par et pour une oligarchie, fait subir aux peuples une crise qui s’amplifie... »

 

Sans-titre.JPGLa FASE développe ses propres analyses sur la dette dans un document de 4 pages et soumet au débat public ses propositions.


Document téléchargeable ici

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:07

Le journal l'Humanité du 22 décembre met en ligne l'intégralité du projet de traité Sarkozy-Merkel.

Enrichi des commentaires de la rédaction.

 

A lire et à faire circuler très largement!

 

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Les sommets européens se suivent. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne empilent les mesures d’urgence, les dispositions d’exception censées rétablir l’équilibre des comptes publics pour rassurer les marchés financiers. Sans jamais réussir à éteindre l’incendie.

Les taux d’intérêt de la dette grecque, portugaise, irlandaise se sont envolés. Dernièrement, c’était au tour de ceux de l’Italie et de l’Espagne. Les remèdes sont inefficaces. Mais à chaque fois les dirigeants européens avancent un niveau supérieur de mesures disciplinaires, autoritaires, l’œil toujours rivé sur la réaction des marchés au lieu de chercher à s’émanciper de leur dépendance. De dose en superdose jusqu’à l’overdose, les dirigeants européens n’ont rien d’autre à proposer que les solutions qui ont déjà échoué.

 

Lors du sommet du 9 décembre, inspirés par l’accord Sarkozy-Merkel, ils ont décidé de passer encore la vitesse supérieure. Ont été actés un certain nombre de principes, à inscrire dans un traité, qui s’appliquerait aux dix-sept États membres de la zone euro et aux autres pays de l’UE qui l’acceptent.

Le Royaume-Uni s’est, lui, déjà mis hors jeu. Nous nous sommes procuré le texte encore provisoire de cet « accord international » et le publions dans nos colonnes.

 

Qu’y retrouve-t-on ?

Avant tout, l’inscription de la règle d’or dans les Constitutions nationales.

La très libérale Cour de justice européenne est chargée de contrôler que cette règle de plomb est retranscrite comme il se doit dans le droit national.

À cela viennent s’ajouter d’autres restrictions qui soustraient les budgets au contrôle des peuples.

La pire d’entre elles est la limitation du déficit structurel à 0,5 %, le texte allant bien plus loin que le pacte de stabilité. Il constituera un argument de poids pour la Commission pour imposer privatisations et licenciements de fonctionnaires.

 

Ce projet de traité est une sorte de couronnement de toutes les mesures d’austérité prises depuis le début de la crise. Il entend les graver dans le marbre pour les mettre hors de portée de la souveraineté populaire.

 

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