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  • : Blog du comité montreuillois de la FASE. La politique ne peut rester une affaire de spécialistes et doit devenir l'exercice plein pour chacun-e de sa citoyenneté. L'action des élu-e-s doit être dans un prolongement des mobilisations et un moyen de dialogue permanent avec celles-ci au sein des institutions. Convergence, rencontre, pratiques mises en commun, en regroupant la pluralité des cultures et parcours
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:57

Marx est de retour. Nous sommes, désormais, confronté au défi de montrer que nous savons quoi en faire. Rien ne serait pire, à mes yeux, que de nous trouver enfermés dans le vieux dilemme de la répétition ou de l’abandon : dans les deux cas, la transformation sociale radicale est en position politiquement subalterne. Il faut donc trancher ce nœud gordien.

 

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1. Marx est-il contemporain ? C’est évident pour moi.

- La pensée Marx naît dans un triple contexte : celui des révolutions sociales et politiques, celui du capitalisme expansif, celui de l’individu rationnel, potentiellement autonome et libre.

- Déterminée par ce triple contexte, la pensée Marx est trois choses à la fois : la formalisation d’une praxis révolutionnaire, centrée sur le primat de la lutte des classes, construite autour d’un sujet central, en l’occurrence le prolétariat ; une critique radicale du capitalisme comme mode de production et comme principe général d’organisation du tout social ; une anthropologie en perspective qui fait du libre développement de chacun la condition du libre développement de tous (et pas l’inverse).


- Or notre époque est triplement marquée. Elle révèle l’impossibilité de produire du développement humain et durable à l’intérieur du système existant ; elle fait éclater au grand jour l’irréalisme des logiques financières et marchandes ; elle nous dit qu’il est désormais stratégique d’opposer à la figure bourgeoise de l’individu (l’individu séparé, concurrent de tous les autres sur la scène universelle du marché) une autre figure de l’individu, indissociablement autonome et solidaire.

 

En cela, la pensée Marx n’est pas obsolète, mais plus moderne qu’elle ne l’était il y a un siècle et demi : Marx décrit davantage notre capitalisme mondialisé que celui de la révolution industrielle émergente. Je suis d’accord avec Stathis Kouvélakis quand il expliquait, il y a une dizaine d’années, que la plus récente « crise du marxisme » s’était achevée en 1991 avec la fin concomitante du « socialisme réel » et du « mouvement communiste international ». Marx est vivant et la doctrine en "isme" est morte. Il n’y a plus désormais ni orthodoxie ni hérésie. C’est une chance ; nous devons nous donner les moyens de la saisir.


2. J’affirme donc moi aussi la solidité principielle du référent Marx comme pensée pratique de la lutte des classes et du dépassement communiste de toute aliénation, comme pensée de la critique et pensée de l’alternative. Et pourtant la confirmation de cette solidité suppose que soient franchis deux obstacles.


- Le premier s’énonce dans une question d’apparence simple : la société change ; cela suppose-t-il, selon la formule à la mode – que je déteste – que l’on "change de logiciel" ? La réponse à cette question-là n’est pas si difficile : les trois points nodaux de la pensée Marx demeurant au cœur du contemporain, il n’y a pas de raison d’en abandonner la logique de développement fondatrice ; mais ces trois points prenant aujourd’hui forme différente, il faut reformuler du tout au tout la logique de développement de la pensée Marx. Conserver et citer, à l’occasion ; reformuler, toujours…


- Le second obstacle est plus redoutable. Les précédentes crises tournaient autour de la révolution (est-il possible de subvertir l’édifice du capital jusqu’à l’abolir et comment y parvenir ?). La situation actuelle pose à la fois une question de révolution (comment rompre avec le système existant ?) et une question d’alternative (rompre pour construire quoi ?). Les débats du XIXe et début XXe siècle étaient dominés par le poids de l’échec des révolutions (1848, 1871) ; les nôtres sont surdéterminés par le fait que le XXe siècle a vu, tout à la fois, une révolution "marxiste" réussie et un échec global de son projet transformateur.

Je tire de tout cela une conclusion : pour que la pensée Marx échappe au dilemme meurtrier de la répétition et de l’abandon, il faut prendre ouvertement le parti de la continuité et de la transformation. Fusionnons les termes au lieu de les juxtaposer : le parti de la refondation.


3. Les longs chantiers de la refondation ne manqueront pas. J’en énonce ici cinq, comme autant de défis lapidairement résumés :

 

Par Roger Martelli, pour Cerisesenligne

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